Visite Apostolique du Pape à Abou Dabi

Publié le par Eric Maier

Visite Apostolique du Pape à Abou Dabi

Du 3 au 5 février 2019, le pape François s'est rendu en voyage apostolique aux Emirats Arabe Unis, étant ainsi le premier pape à fouler le sol de la péninsule arabique, berceau de la civilisation musulmane.

Dans le cadre de la Rencontre inter-religieuse organisée à Abou Dhabi sur le thème “Fraternité humaine”, durant un long discours s’inscrivant dans la continuité de son intervention à Al-Azhar en 2017, le Pape François a exhorté au refus de toute violence religieuse.

C'est à l'issue de cette rencontre que le Pape François et le Grand Imam d’Al-Azhar Ahmad Al-Tayyeb ont signé le "Document sur la fraternité humaine pour la paix mondiale et la coexistence commune".

Pour le P. Vincent Feroldi, le directeur du Service National pour les Relations avec les Musulmans (SNRM) au sein de la Conférence des évêques de France, il s’agit d’« un document historique »  et d'un pas très important dans le dialogue interreligieux.  Il se dit convaincu que ce voyage portera des fruits. « Il va marquer profondément non seulement la vie de l’Église catholique, mais aussi la communauté musulmane, en particulier sunnite et vraisemblablement la péninsule arabique », et toute la région. (Propos à retrouver sur le site de VaticanNews)

"Document sur la fraternité humaine pour la paix mondiale et la coexistence commune" signé le 4 févrrier 2019

A son retour de voyage, lors de l'audience générale du 6 février, le pape est également revenu sur son voyage. Voici son intervention :

Chers frères et sœurs, bonjour !

Ces jours derniers j’ai accompli un bref voyage apostolique dans les Emirats arabes unis. Un voyage bref mais très important qui, renouant avec la rencontre de 2017 à Al-Azhar, en Egypte, a écrit une nouvelle page de l’histoire du dialogue entre christianisme et islam et de l’engagement pour promouvoir la paix dans le monde sur la base de la fraternité humaine.

Un Pape s’est rendu pour la première fois dans la péninsule arabe. Et la Providence a voulu que ce soit un Pape appelé François, 800 ans après la visite de saint François d’Assise au sultan al-Malik al-Kamil. J’ai souvent pensé à saint François pendant ce voyage: cela m’aidait à garder dans le cœur l’Evangile, l’amour de Jésus Christ, alors que je vivais les divers moments de la visite; dans mon cœur, il y avait l’Evangile du Christ, la prière au Père pour tous ses enfants, en particulier les plus pauvres, pour les victimes des injustices, des guerres, de la misère...; la prière pour que le dialogue entre le christianisme et l’islam soit un facteur décisif pour la paix dans le monde d’aujourd’hui.

Je remercie de tout cœur le prince héritier, le président, le vice-président et toutes les autorités des Emirats arabes unis, qui m’ont accueilli avec une grande courtoisie. Ce pays s’est beaucoup développé au cours des dernières décennies: il est devenu un carrefour entre l’Orient et l’Occident, une «oasis» multiethnique et multireligieuse, et donc un lieu adapté pour promouvoir la culture de la rencontre. J’exprime ma vive reconnaissance à Mgr Paul Hinder, vicaire apostolique de l’Arabie du Sud, qui a préparé et organisé l’événement pour la communauté catholique, et mon «merci» s’étend avec affection aux prêtres, aux religieux et aux laïcs qui animent la présence chrétienne dans cette terre.

J’ai eu l’occasion de saluer le premier prêtre — âgé de quatre-vingt dix ans — qui était allé là-bas fonder de nombreuses communautés. Il est sur un fauteuil roulant, aveugle, mais le sourire ne manque pas sur ses lèvres, le sourire d’avoir servi le Seigneur et d’avoir fait tant de bien. J’ai également salué un autre prêtre âgé de quatre-vingt dix ans — mais celui-là marche et continue à travailler. Bravo! — et de nombreux prêtres qui sont là-bas au service des communautés chrétiennes de rite latin, de rite syro-malabar, syro-malankar, de rite maronite qui viennent du Liban, de l’Inde, des Philippines et d’autres pays.

Outre les discours, un pas supplémentaire a été accompli à Abou Dabi: le grand imam d’Al-Azhar et moi-même avons signé le Document sur la Fraternité humaine, dans lequel nous affirmons ensemble la vocation commune de tous les hommes et de toutes les femmes à être frères en tant que fils et filles de Dieu, dans lequel nous condamnons toute forme de violence, en particulier celle revêtue de motivations religieuses, et nous nous engageons à diffuser les valeurs authentiques et la paix dans le monde. Ce document sera étudié dans les écoles et dans les universités de nombreux pays. Mais je vous recommande moi aussi de le lire, d’en prendre connaissance, parce qu’il donne de nombreuses impulsions à aller de l’avant dans le dialogue sur la fraternité humaine.

A une époque comme la nôtre, où la tentation est forte de voir en œuvre un affrontement entre les civilisations chrétienne et islamique, et également de considérer les religions comme des sources de conflit, nous avons voulu donner un signe supplémentaire, clair et ferme, qu’il est en revanche possible de se rencontrer, qu’il est possible de se respecter et de dialoguer, et que, malgré la diversité des cultures et des traditions, le monde chrétien et celui islamique apprécient et sauvegardent des valeurs communes: la vie, la famille, le sentiment religieux, le respect des personnes âgées, l’éducation des jeunes, et d’autres encore.

Dans les Emirats arabes unis vivent environ un peu plus d’un million de chrétiens: des travailleurs originaires de divers pays de l’Asie. Hier matin, j’ai rencontré une représentation de la communauté catholique dans la cathédrale Saint-Joseph à Abou Dabi — un temple très simple — et ensuite, après cette rencontre, j’ai célébré la Messe pour tous. — Ils étaient très nombreux! — On a dit qu’entre ceux qui étaient dans le stade, qui a une capacité de 40 mille personnes, et ceux qui étaient devant les écrans à l’extérieur du stade, on arrivait à 150 milles personnes! J’ai célébré l’Eucharistie dans le stade de la ville, en annonçant l’Evangile des Béatitudes. Au cours de la Messe, concélébrée avec les patriarches, les archevêques majeurs et les évêques présents, nous avons prié de manière particulière pour la paix et la justice, avec une attention spéciale pour le Moyen-Orient et le Yémen.

Chers frères et sœurs, ce voyage appartient aux «surprises» de Dieu. Louons-le donc, ainsi que sa providence, et prions afin que les semences jetées portent des fruits selon sa sainte volonté.

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